Archives de octobre 2008
MERKI ELIE!
Elie Semoun était du 8 au 25 octobre à l’Olympia mais continue sa tournée à travers la France, jusqu’à mi-décembre de cette année.
Le comique y revisite ses personnages fétiches. Mais, à travers ce 6ème spectacle, il nous prouve une fois de plus qu’il peut toujours nous faire rire, notamment en s’appuyant sur des événements pathétiques de la vie. De sa vie.
Comme disait Beckett: “Rien n’est plus drôle que le malheur”… C’est malheureusement vrai. Et le spectacle d’Elie en est la preuve.
Tout comme certains utilisent l’écriture ou la peinture comme exhutoire, Elie semble concevoir le one-man-show (et l’écriture de ceux-ci) comme une sortie de secours… Alors, Merki Elie de m’avoir invitée à ton spectacle samedi 18 octobre … Merci Elie d’être aussi sincère, simple, et marrant…
Et aussi (et surtout), MERKI mille fois pour ce fou rire que tu as eu ce samedi 18 octobre, qui t’a semblé une éternité et qui à notre tour nous a fait pleurer de rire. On sentait, malgré la distance, ce malaise qui s’emparait de toi… cette angoisse face à ce fou rire que tu ne parvenais pas à maîtriser… Mais sache que ce signe – que tu qualifierais de “faiblesse” – a été la plus-value du spectacle que tu nous a offert ce soir-là!
“Merki” – One-Man-Show de Elie Semoun
Mise en scène: Roger Louret
Dates sur: www.eliesemoun.fr
LE COMIQUE, AVEC PIERRE PALMADE – THEATRE FONTAINE ***
Pierre Palmade revient sur scène, non pas pour un one-man-show mais pour une véritable pièce de théâtre. Accompagné de 7 jeunes comédiens tous très talentueux, Palmade nous offre une comédie réussie au théâtre Fontaine, à Paris.
Sur les planches depuis le 9 octobre, j’ai eu la chance d’être invitée à son spectacle mardi dernier. De lui, je ne me souvenais que de son sketch “Le Scrabble” ou encore de sa collaboration avec Michèle Laroque.
Dans cette pièce de théâtre, Pierre Palmade s’inspire de nombreuses choses de sa vie: son homosexualité, son problème avec l’alcool, son âge, son statut d’ “humoriste désuet”. De plus, cette pièce de théâtre nous permet de découvrir de jeunes talents… tous vraiment épatants.
Un coup de coeur tout de même pour le concierge qui a un petit côté Laspalès (Sébastien Castro). Sans oublier le sensationnel Jean Leduc… tout simplement exceptionnel de par son jeu d’acteur et… sa voix.
Même si la première partie semble un peu lente et a un peu de mal à s’installer, l’humour est présent, et les textes très bons. Quant à la seconde partie, on en savoure chaque seconde! La pièce termine sur un mini one-man-show de Pierre Palmade (il ne pouvait pas s’en empêcher!)… à mon grand bonheur.
A la fin, le public applaudit vivement. Le contraire m’aurait étonné.
Le Comique – Théâtre Fontaine ( Paris – Métro Pigalle)
www.lecomique.fr
Mise en scène: Alex Lutz
Comédiens: Pierre Palmade, Delphine Baril, Anne-Elisabeth Blateau, Noémie de Lattre, Bilco, Sebastien castro, Jean leduc et Arnaud Tsamère.
JACQUES VILLEGLE, UNE COMEDIE URBAINE..? *
Le centre Georges Pompidou propose actuellement, et ce jusqu’au 5 janvier 2009, une rétrospective des “oeuvres” de Jacques Villeglé des années 40 à nos jours. L’affiche me plaisait; j’y suis donc allée mercredi dernier.
Que dire? A part que le titre de cette exposition “Une comédie urbaine” est tout à fait représentatif de l’exposition. “Urbaine”, effectivement, car Jacques Villeglé arrachait des affiches parisiennes, les déchirait, les recollait… “Comédie”, oui! Car j’ai vraiment eu l’impression que cette exposition était une grosse blague.
Décidément, je pense que je ne m’habituerai jamais à l’ambiance glauque qui règne au centre Georges Pompidou… Mon D.ieu, ces musiques angoissantes omniprésentes… même aux WC.
Même les gens qui visitaient l’exposition de Villeglé me semblaient louche.. J’avais l’impression d’être la seule (avec ma mère) à ne pas comprendre l’”art” de Villeglé.
Dès mon entrée dans l’exposition, j’avais l’impression de m’être trompé de galerie. Je ne m’attendais pas du tout à ce genre d’”oeuvres”. J’ai trouvé ça terriblement … moche. Une seule chose m’a plutôt plu, à la fin de l’exposition: une interview de Jacques Villeglé expliquant la démarche de ses travaux et aidant à comprendre l’évolution de son travail. J’ai trouvé ce film intéressant car c’est à ce moment là que l’on comprend qu’il déchirait et arrachait ses affiches dans le but de contrer la publicité, la propagande… et le nazisme.
En somme, je pense que la démarche, l’objectif de l’artiste est intéressant; mais le résultat l’est beaucoup moins.
VICKY, CRISTINA, BARCELONA ****
Hier, pour Quippour, je suis allée au cinéma… A croire que c’en est devenu mon lieu de culte
Cela faisait un mois que j’attendais impatiemment de découvrir le nouveau chef d’oeuvre de Woody Allen, qui cette fois a décidé de trinquer le milieu anglo-saxon contre l’atmosphère moite catalane.
On retrouve pour la troisième fois la charmante Scarlett Johansson, confirmant ainsi son statut de muse du grand réalisateur américain; on découvre pour la première fois la ravissante Rebecca Hall… Sans oublier la piquante et somptueuse Penelope Cruz et le charismatique Javier Barden.
Autant dire que Woody Allen nous offre une fois de plus un casting de haut niveau. Tous aussi talentueux que beaux!
Ce film débute alors que Cristina (Scarlett Johansson) et sa meilleure amie, Vicky ( Rebecca Hall) se rendent après leur année universitaire à Barcelone, pour y passer l’été. Toutes deux ont des opinions complètement divergentes sur l’Amour: l’une ne jure que sur la passion destructrice, alors que l’autre se complaît dans la stabilité et la tranquillité de sa relation avec Doug, son fiancé.
Ce film parle donc d’Amour, sous toutes ces formes: l’Amour-Passion, l’Amour-Obsession, l’Amour Impossible. Et, le ménage à trois.
A l’heure où le triolisme ou autres formes de libertinage est à la mode et provoque chez moi une certaine réticence et incompréhension, dans ce film – au contraire – la douceur et la pudeur prennent le dessus et nous donne (presque) envie d’être à leur place. Ce film nous prouve que l’on peut concevoir le libertinage comme une forme d’Amour. Du moins, c’est ce que considère Maria Elena (Penelope Cruz) qui voit en Cristina l’élément indispensable à l’équilibre de son couple avec Juan Antonio.
Ce film parle aussi de peinture, de photographie, de sensibilité artistique… Et comme son titre l’indique, le dernier Woody Allen nous fait découvrir Barcelone: ses sculptures, sa musique, son ambiance sensuelle et son atmosphère érotisante.
“Vicky, Cristina, Barcelona”, un beau voyage pour tous nos sens.
ITW: MICHAEL BAUSWEIN, PHOTOGRAPHE – http://michael-bauswein.fr
Quand Michael Bauswein m’a contactée pour organiser une séance de prises de vue, j’étais à la fois excitée, flattée et angoissée.
Excitée et flattée parce que je connaissais depuis un bon moment son travail et que j’ai toujours aimé le regard respectueux et doux que porte Michaël sur les femmes qu’il photographie. Angoissée car je n’avais jamais réalisé de photos au naturel, que je ne savais que “poser”… Effectivement cette séance a été très difficile pour moi, car je ne savais pas quoi faire… justement parce qu’il ne me demandait pas de faire quelque chose de spécial…
Michael Bauswein, 29 ans, a commencé la photographie vers 15 ans, après l’achat de son premier appareil photo reflex. Il commença par photographier des scènes de rue en noir et blanc, avant de se consacrer au reportages sportifs. C’est vers 22 ans qu’il a commencé à photographier des modèles, et qu’il tenta de développer son univers… Et on peut dire que c’est réussi: Son livre “Daily Feminity” sorti en début d’année aux éditions Ragage, est une vraie perle!
Montre moi une photo que tu as réalisé que tu aimes tout particulièrement. Explique moi pourquoi.
Il y a une photo qui est emblématique pour moi et qui d’ailleurs est la couverture de mon livre. C’est une des photos de la série “Elena’s Breakfast” car c’est un peu cette séance et cette série-là qui a été le point de départ de mon univers intimiste sur les femmes au quotidien. L’état d’esprit de ce que je cherchais à montrer en photo s’est vraiment dessiné clairement pour moi, à ce moment-là. Et puis cette séance est aussi un très bon souvenir.
Te compare-t-on souvent à Jean-Loup Sieff? Que penses-tu de cette comparaison?
En fait, la comparaison avec Jean-Loup Sieff, c’est vrai qu’on me l’a faite de temps en temps mais le plus souvent, les gens rapprochent mon travail de celui de Jonvelle. Je connaissais assez mal son travail, et je suis donc allé découvrir ses images; il est vrai que dans l’esprit de certaines de ses photos, il y a une démarche similaire à ce que je fais. Après, je n’ai pas cherché à trop étudier ses images pour justement ne pas, consciemment ou inconsciemment, tomber dans une espèce de copie. Quoiqu’il arrive quand on nous compare à de grands noms comme ça, ça fait forcément plaisir, c’est très flatteur. Mais c’est vrai que ça peut aussi avoir aussi comme effet de se retrouver un peu enfermé dans cette comparaison. Donc tout le jeu maintenant est d’en sortir petit à petit….
Envisages-tu de te consacrer à la couleur ou bien es-tu définitivement noir et blanc?
Depuis que je suis passé au numérique, il y a environ 2 ans, je fais un peu plus de couleurs qu’avant mais très souvent, je réalise des versions noir et blanc de mes images couleurs et finalement, ce sont celles-là que j’utilise! J’ai un vrai penchant pour le noir et blanc que je ne m’explique pas forcément d’ailleurs. Ce n’est pas une volonté de donner une pseudo-valeur artistique à mes photos, c’est juste une sensibilité personnelle. Peut-être que d’une certaine manière pour moi, la couleur nous distrait de l’essence d’une image. Je ne me suis jamais posé la question, en fait… Parce que finalement, faire du noir et blanc n’a pas été un choix réfléchi, mais simplement une préférence personnelle. Maintenant pour mes photos de touriste pendant mes vacances, là, je fais de la couleur et je les laisse en couleurs. Comme quoi je sais aussi faire des photos colorées.
Tu as sorti un livre, aux éditions Ragage début 2008, “Daily Feminity”, que j’aime beaucoup d’ailleurs. As-tu un autre projet en cours?
Ce livre est assez représentatif de mon univers et de mon regard sur les femmes. On me dit souvent que j’ai un regard presque féminin sur les femmes. Je suis très heureux que ce livre existe, c’est mon premier donc forcément, il me tient à coeur.
Evidemment, j’ai envie de me lancer dans d’autres projets. J’en ai notamment deux en têtes mais qui nécessitent un gros travail de préparation et repérages. Et pour l’instant je ne suis pas prêt à me lancer. Je pense que j’ai envie de prendre un peu de recul, de continuer les séances sur la “daily feminity”, parce que je n’en ai pas complètement fait le tour. Et puis, je vais probablement essayer de faire un peu plus de photos, autres que des photos avec modèles.
On s’aperçoit que tu ne choisis pas vraiment tes modèles selon leur plastique… est ce une volonté de ta part de montrer des femmes pas forcément parfaites?
Sur le choix des modèles, je n’ai aucun critère objectif. Je ne cherche pas des plastiques précises, plutôt des brunes ou des blondes (même si forcé de constater que finalement, j’ai eu beaucoup plus de modèles brunes).
Il ne faut pas forcément avoir un physique de mannequin pour poser pour moi. Je crois que chaque femme a quelque chose de touchant, une façon à elle d’exprimer la beauté et la féminité. Cependant il ne faut pas prendre ça comme une volonté de m’élever contre la dictature de la beauté telle qu’on la présente dans les magazines! C’est juste que pour moi, ce n’est pas le physique qui est le plus important dans la beauté d’une femme. Tant qu’il y a quelque chose qui me touche, qui me séduit chez elle, j’ai envie qu’elle pose pour moi. Envie de capter ce petit “quelque chose” d’exceptionnel et de le figer dans mes photos. Et je dois dire qu’il y a des filles au physique parfait qui ne m’intéressent pas du tout car, derrière ça leur personnalité ne dégage rien d’intéressant. Les beautés fatales complètement vides de vie et de personnalité, je ne sais pas les photographier.
Justement selon toi, comment est la “femme parfaite”? Ou tout simplement existe-t-elle?
Tout d’abord, je déteste la perfection. Je trouve ça incroyablement ennuyeux. Ennuyeux en général, et encore plus ennuyeux chez une femme. J’aime les petites imperfections. Ca donne un peu de fragilité, d’humanité et moi, ça me touche. J’aime aussi les filles simples, naturelles, spontanées, qui ne sont pas en représentation, ne se forcent pas à coller à une image qu’elles pensent populaire ou plus intéressante que ce qu’elles sont vraiment. Les artifices, maquillage, accessoires de mode à gogo et autres fantaisies, je déteste. Pour mes photos, mais aussi chez une femme qui pourrait partager ma vie privée. Pour moi, la beauté s’exprime le mieux dans la simplicité; et surtout elle est innée, et non pas le fruit d’un travail. Il suffit de savoir la regarder.
As-tu un modèle photographiquement parlant?
Non, je n’ai pas vraiment de modèle. C’est en feuilletant plein d’images de différents photoraphes que j’ai eu envie moi aussi d’essayer de produire des images. J’ai en fait une culture photographique assez faible. Je connais peu de photographes de renom, ou en tout cas, je connais mal leur travail pour la plupart. Finalement, je crois même que je le fais relativement exprès. Je pense qu’en photo tout a déjà été fait et se pencher sur le travail des autres en détail, c’est prendre le risque soit de les copier, soit de se brider en se disant que ce qu’on essaie de faire, d’autres l’ont déjà fait et probablement mieux qu’on le fera soi-même.
Ceci étant dit, dans un registre différent de ce que je fais, j’adore le travail de Sebastiao Salgado. J’ai une vraie admiration pour son travail. C’est le seul dont j’aime découvrir les images. Toutes les images. D’ailleurs, le reportage m’attire beaucoup et j’espère un jour pouvoir m’y mettre avec autant de liberté que j’en ai aujourd’hui dans mes séances avec des modèles.
Un dernier mot à ajouter?
Une phrase: la photo n’est pas une affaire de technique mais de regard et d’émotion.
Retrouvez le travail de Michaël Bauswein sur: http://www.michael-bauswein.fr/






