ITW: MICHAEL BAUSWEIN, PHOTOGRAPHE – http://michael-bauswein.fr
Quand Michael Bauswein m’a contactée pour organiser une séance de prises de vue, j’étais à la fois excitée, flattée et angoissée.
Excitée et flattée parce que je connaissais depuis un bon moment son travail et que j’ai toujours aimé le regard respectueux et doux que porte Michaël sur les femmes qu’il photographie. Angoissée car je n’avais jamais réalisé de photos au naturel, que je ne savais que “poser”… Effectivement cette séance a été très difficile pour moi, car je ne savais pas quoi faire… justement parce qu’il ne me demandait pas de faire quelque chose de spécial…
Michael Bauswein, 29 ans, a commencé la photographie vers 15 ans, après l’achat de son premier appareil photo reflex. Il commença par photographier des scènes de rue en noir et blanc, avant de se consacrer au reportages sportifs. C’est vers 22 ans qu’il a commencé à photographier des modèles, et qu’il tenta de développer son univers… Et on peut dire que c’est réussi: Son livre “Daily Feminity” sorti en début d’année aux éditions Ragage, est une vraie perle!
Montre moi une photo que tu as réalisé que tu aimes tout particulièrement. Explique moi pourquoi.
Il y a une photo qui est emblématique pour moi et qui d’ailleurs est la couverture de mon livre. C’est une des photos de la série “Elena’s Breakfast” car c’est un peu cette séance et cette série-là qui a été le point de départ de mon univers intimiste sur les femmes au quotidien. L’état d’esprit de ce que je cherchais à montrer en photo s’est vraiment dessiné clairement pour moi, à ce moment-là. Et puis cette séance est aussi un très bon souvenir.
Te compare-t-on souvent à Jean-Loup Sieff? Que penses-tu de cette comparaison?
En fait, la comparaison avec Jean-Loup Sieff, c’est vrai qu’on me l’a faite de temps en temps mais le plus souvent, les gens rapprochent mon travail de celui de Jonvelle. Je connaissais assez mal son travail, et je suis donc allé découvrir ses images; il est vrai que dans l’esprit de certaines de ses photos, il y a une démarche similaire à ce que je fais. Après, je n’ai pas cherché à trop étudier ses images pour justement ne pas, consciemment ou inconsciemment, tomber dans une espèce de copie. Quoiqu’il arrive quand on nous compare à de grands noms comme ça, ça fait forcément plaisir, c’est très flatteur. Mais c’est vrai que ça peut aussi avoir aussi comme effet de se retrouver un peu enfermé dans cette comparaison. Donc tout le jeu maintenant est d’en sortir petit à petit….
Envisages-tu de te consacrer à la couleur ou bien es-tu définitivement noir et blanc?
Depuis que je suis passé au numérique, il y a environ 2 ans, je fais un peu plus de couleurs qu’avant mais très souvent, je réalise des versions noir et blanc de mes images couleurs et finalement, ce sont celles-là que j’utilise! J’ai un vrai penchant pour le noir et blanc que je ne m’explique pas forcément d’ailleurs. Ce n’est pas une volonté de donner une pseudo-valeur artistique à mes photos, c’est juste une sensibilité personnelle. Peut-être que d’une certaine manière pour moi, la couleur nous distrait de l’essence d’une image. Je ne me suis jamais posé la question, en fait… Parce que finalement, faire du noir et blanc n’a pas été un choix réfléchi, mais simplement une préférence personnelle. Maintenant pour mes photos de touriste pendant mes vacances, là, je fais de la couleur et je les laisse en couleurs. Comme quoi je sais aussi faire des photos colorées.
Tu as sorti un livre, aux éditions Ragage début 2008, “Daily Feminity”, que j’aime beaucoup d’ailleurs. As-tu un autre projet en cours?
Ce livre est assez représentatif de mon univers et de mon regard sur les femmes. On me dit souvent que j’ai un regard presque féminin sur les femmes. Je suis très heureux que ce livre existe, c’est mon premier donc forcément, il me tient à coeur.
Evidemment, j’ai envie de me lancer dans d’autres projets. J’en ai notamment deux en têtes mais qui nécessitent un gros travail de préparation et repérages. Et pour l’instant je ne suis pas prêt à me lancer. Je pense que j’ai envie de prendre un peu de recul, de continuer les séances sur la “daily feminity”, parce que je n’en ai pas complètement fait le tour. Et puis, je vais probablement essayer de faire un peu plus de photos, autres que des photos avec modèles.
On s’aperçoit que tu ne choisis pas vraiment tes modèles selon leur plastique… est ce une volonté de ta part de montrer des femmes pas forcément parfaites?
Sur le choix des modèles, je n’ai aucun critère objectif. Je ne cherche pas des plastiques précises, plutôt des brunes ou des blondes (même si forcé de constater que finalement, j’ai eu beaucoup plus de modèles brunes).
Il ne faut pas forcément avoir un physique de mannequin pour poser pour moi. Je crois que chaque femme a quelque chose de touchant, une façon à elle d’exprimer la beauté et la féminité. Cependant il ne faut pas prendre ça comme une volonté de m’élever contre la dictature de la beauté telle qu’on la présente dans les magazines! C’est juste que pour moi, ce n’est pas le physique qui est le plus important dans la beauté d’une femme. Tant qu’il y a quelque chose qui me touche, qui me séduit chez elle, j’ai envie qu’elle pose pour moi. Envie de capter ce petit “quelque chose” d’exceptionnel et de le figer dans mes photos. Et je dois dire qu’il y a des filles au physique parfait qui ne m’intéressent pas du tout car, derrière ça leur personnalité ne dégage rien d’intéressant. Les beautés fatales complètement vides de vie et de personnalité, je ne sais pas les photographier.
Justement selon toi, comment est la “femme parfaite”? Ou tout simplement existe-t-elle?
Tout d’abord, je déteste la perfection. Je trouve ça incroyablement ennuyeux. Ennuyeux en général, et encore plus ennuyeux chez une femme. J’aime les petites imperfections. Ca donne un peu de fragilité, d’humanité et moi, ça me touche. J’aime aussi les filles simples, naturelles, spontanées, qui ne sont pas en représentation, ne se forcent pas à coller à une image qu’elles pensent populaire ou plus intéressante que ce qu’elles sont vraiment. Les artifices, maquillage, accessoires de mode à gogo et autres fantaisies, je déteste. Pour mes photos, mais aussi chez une femme qui pourrait partager ma vie privée. Pour moi, la beauté s’exprime le mieux dans la simplicité; et surtout elle est innée, et non pas le fruit d’un travail. Il suffit de savoir la regarder.
As-tu un modèle photographiquement parlant?
Non, je n’ai pas vraiment de modèle. C’est en feuilletant plein d’images de différents photoraphes que j’ai eu envie moi aussi d’essayer de produire des images. J’ai en fait une culture photographique assez faible. Je connais peu de photographes de renom, ou en tout cas, je connais mal leur travail pour la plupart. Finalement, je crois même que je le fais relativement exprès. Je pense qu’en photo tout a déjà été fait et se pencher sur le travail des autres en détail, c’est prendre le risque soit de les copier, soit de se brider en se disant que ce qu’on essaie de faire, d’autres l’ont déjà fait et probablement mieux qu’on le fera soi-même.
Ceci étant dit, dans un registre différent de ce que je fais, j’adore le travail de Sebastiao Salgado. J’ai une vraie admiration pour son travail. C’est le seul dont j’aime découvrir les images. Toutes les images. D’ailleurs, le reportage m’attire beaucoup et j’espère un jour pouvoir m’y mettre avec autant de liberté que j’en ai aujourd’hui dans mes séances avec des modèles.
Un dernier mot à ajouter?
Une phrase: la photo n’est pas une affaire de technique mais de regard et d’émotion.
Retrouvez le travail de Michaël Bauswein sur: http://www.michael-bauswein.fr/
Parlez moi de la pluie ***
“Parlez moi de la pluie” est la 7ème collaboration artistique du couple Jean-Pierre Bacri/Agnès Jaoui.
Bacri et Jaoui (cette dernière étant également la réalisatrice du film) restent fidèles au ton aigre-doux de leurs précédents films…
“Parlez moi de la pluie” est une fois de plus un film à la fois humoristique et émouvant. Il met en avant l’aspect pathétique de certaines choses de la vie, qui parle à chacun de nous.
Non! Les aficionados ne seront pas déçus par ce crû 2008… D’autant plus que je le trouve moins déprimant et plus axé sur l’humour que leur précédent, “Comme une image” (2004).
“Parlez moi de la pluie” ( titre assez ironique, car le film se déroule en plein mois d’ août en France) nous dévoile une Agnès Jaoui plus enrobée dans le rôle d’une féministe se lançant dans la politique. On retrouve un Bacri, moins râleur, dans le rôle d’un cinéaste rêveur en perte de course.
Toujours est-il que je reste persuadée que l’on pourrait réaliser un film entier uniquement autour de Bacri!
Ce film est également le film-révélateur de Jamel Debbouze, qui tient le rôle de “premier assistant-débutant” de Bacri. Enfin un vrai rôle pour cet humoriste cantonné à des rôles de jeune de banlieue ou de “gentil-niais”! Jamel Debbouze confirme dans ce film son talent de comédien… et il me tarde de le voir dans de prochains films.
Mais alors ça parle de quoi, ce film? Il n’y a pas vraiment d’histoire… Une trame. Et beaucoup de profondeur. De sentiments.
“Parlez moi de la pluie” parle d’amour, de la jalousie entre soeurs, de l’immigration (première interprétation réussie de Mimouna)… Ca parle de féminisme, des rapports hommes-femmes (toujours!), de condescendance (réplique poignante et marquante de Jamel sur le tutoyement…)
Bref, inutile d’en dire plus… Il faut y aller. le regarder. Le déguster. Seul ou en famille. J’en suis sortie bien, sereine… D’autant plus que celui-ci se termine sur une note heureuse.
“Parlez moi de la pluie”, réalisé par Agnès Jaoui. Avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze (notamment) – Actuellement au cinéma
ITW EVA – MODELE – www.evalesalon.book.fr
J’ai rencontré Eva par le biais de Myspace, site devenu incontournable pour les artistes en tous genres. Elle m’avait contactée pour me dire qu’elle aimait ce que je faisais dans Maximal. En moins d’un an, Eva et moi sommes devenus inséparables… Eva est une danseuse de pole dance et modèle photos passionnée. Originaire du Luxembourg, elle vit désormais à Bordeaux depuis une dizaine d’années. Eva est à la fois forte et sensible, Eva est une battante, une fille entière… Elle se donne à 200% pour ceux qu’elle aime, mais aussi dans ses projets photographiques.
Eva est la première modèle que j’interviewe sur Pinkshot, car elle aussi, je l’admire non seulement pour ce qu’elle vit quotidiennement au niveau personnel, mais aussi pour son intégrité dans chacune de ses séances photos… Elle collabore en amont avec le photographe et ne se contente pas d’être devant l’objectif: elle choisit avec lui le lieu, le décor, le stylisme, les différentes poses à adopter, ….
Une vraie “pro” mais surtout une passionnée de l’image. Je lui souhaite une belle route dans ce domaine.. Car même si elle a 35 ans, elle en fait facilement 7 de moins
Tu tiens ton propre peep-show et tu es aussi modèle photos. Depuis combien de temps? Et comment en es-tu arrivé au modeling?
Je suis arrivée à Bordeaux en 1998, j’avais besoin de travailler et j’ai donc fait le tour des cabarets et peep shows ; Pendant plusieurs années, j’ai donc travaillé pour un patron jusqu’au jour ou j’ai pris la décision de bosser pour moi.. A cette époque, l’occasion s’est présentée et j’ai donc acheté mon propre peep show que j’ai appelé “Le Salon” .
Etant danseuse , j’avais deja posé pour des affiches de spectacles mais quand il a fallu que je fasse mes propres flyers promotionnels, j’ai contacter un photographe de charme professionnel, Yves Cham… Ca été une révélation pour moi : un vrai studio , une maquilleuse pro et le résultat de la séance: terrible !
S’en est suivi d’autres shoots !
Te vois-tu un jour ne plus faire de photos? Pourquoi?
Non, je ne me vois pas ne plus faire de photos, c’est vraiment une passion, une drogue …Le jour où je ne pourrais plus poser, je serai très malheureuse .
Donne moi une photo de toi que tu aimes tout particulièrement. Dis moi pourquoi.
Cette photo a été réalisée par Jacques Lafaye, que j’adore car il sait mettre en valeur ce côté tres naturel, sans artifices particuliers, en moi.
As-tu un modèle? Lequel?
Oui toi …Je t’admirais déjà avant de te connaître.
Quand je voyais tes photos ma reflexion était : “cette fille a une beauté naturelle, ses photos
sont toutes superbes, jamais une once de vulgarité quelque soit le thème abordé, quel que soit les poses, les tenues, habillée ou nue”. Pour moi, tu représentes l’image de la femme a la fois belle de l’extérieur, de l’intérieur (on le voit dans tes yeux), femme enfant ou femme tout court…
qui ne peut que faire des envieuses et dont pourtant tu ne réalises même pas l’impact que cela provoque ..on ne peut que t’aimer.
Y a-t-il un photographe avec qui tu rêverais de travailler? Lequel?
Je rêve de poser pour Ashless. J’apprécie énormément sa facon de rendre les femmes belles. Ces images sont a la fois sexy a souhait et surtout sans aucunes vulgarité! Très differentes les unes des autres, il sait adapter chaque séance à chacun de ses modèles, suivant leur personnalité. On a cette impression que chaque photo est unique.
As tu déjà pensé à la chirurgie esthétique? Pourquoi?
Je n’ai jamais pensé a la chirurgie esthétique , non …..pourquoi ? Parce que je m’aime comme je suis ….changer une partie de moi ? Ca ne serait plus la meme femme que je verrais dans la glace le matin. Je ne le supporterai pas .
As tu un projet en cours? Ou une volonté particulière photographiquement parlant?
Oui, j’aimerais apprendre le métier de photographe, passer de l’autre côté de l’objectif. Ca ne serait pas pour travailler avec des modèles , mais pour aller dans les pays pauvres ou en guerre et immortaliser ce que je verrai la bas .
Retrouvez Eva sur http://www.evalesalon.book.fr
ENCORE QUELQUES SEMAINES POUR DECOUVRIR AVEDON!
Vous n’avez plus que quelques semaines pour découvrir ou redécouvrir le talent du photographe de mode et portraitiste, Richard Avedon!
Il s’agit de la première rétrospective depuis son décès, et c’est au Jeu de Paume qu’elle se déroule, jusqu’au 27 septembre.
Un conseil: visionnez le film à l’auditorium “Richard Avedon: Darkness and Light” avant de parcourir l’exposition. Ce documentaire présente différentes interviews du photographe et des personnes avec qui il a collaboré tout au long de sa carrière… Documentaire très intéressant mais aussi très émouvant; il permet par ailleurs de mieux appréhender les photos exposées.
Richard Avedon a révolutionné la photographie de mode en apportant du mouvement aux mannequins et en essayant de raconter une histoire autour d’une robe, ou d’un sac à main… Il choisissait également ses mannequins parce qu’elles ressemblaient à sa mère ou encore à sa soeur, décédée. 
Richard Avedon bluffe autant par ses mises en scène que par le regard qu’il porte sur les personnes qu’il photographie. Je ne peux m’empêcher de penser à ce cliché de Marilyn Monroe, qu’il a prise alors qu’elle était en “pleine descente” après une séance photos glamour. Je crois que je n’ai jamais vu Marilyn Monroe aussi belle. Peut être parce qu’elle était elle-même, peut être parce que cette image reflétait la vértable âme de Marilyn.
Richard Avedon allait chercher la vraie personnalité des gens, et s’efforçait de les montrer sous un visage différent. En les photographiant de façon minimaliste, Richard Avedon exprime une partie de lui-même et montre ses modèles tels que LUI les perçoit. C’est selon cet optique qu’il a photographié son père, touché par un cancer, dans les dernières années de sa vie… Photographies très critiquées: Pour certains, ces photos étaient une marque d’amour, pour d’autre une marque d’irrespect..? Toujours est-il que ces photos sont à mes yeux, les plus émouvantes qu’il a réalisé de toute sa carrière.
Richard Avedon a travaillé jusqu’à la fin de ses jours. Sans répit. J’ai été touché tant par ses photos, que par lui, humainement parlant: son regard sur les gens, son amour pour les femmes de sa vie, son enfance… Richard Avedon est d’autant plus intriguant et charismatique quand on sait son tempérament dominateur lors des shootings: Il aimait dominer son modèle, il aimait que son modèle soit en quelque sorte “sa chose”, son “pantin” et exerçait une domination et une pression sur eux, lors des séances de prises de vue. Je n’ai jamais connu ça dans ma carrière de modèle… mais cela doit être très troublant.
Richard Avedon, jusqu’au 27 septembre, au Jeu de Paume ( Paris)
Livre conseillé: “Woman in The Mirror” aux éditions Abrams – en vente, notamment en librairie du Jeu de Paume.
Valse avec Bachir ***
“Valse avec Bachir” est le 3ème long métrage du réalisateur israélien, Ari Folman. Néanmoins, il est le plus personnel de ses réalisations cinématographiques.

“Valse avec Bachir” est effectivement l’histoire personnelle d’Ari Folman et retrace sa quête de la “vérité”, pour recouvrer sa mémoire perdue.
Ari Folman y montre l’absurdité de la guerre: “J’ai réalisé Valse avec Bachir du point de vue d’un soldat quelconque, et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ca n’a rien à voir avec les films américains. (…). Juste des hommes très jeunes, n’allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d’oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps, ils n’y arrivent pas.”
On comprend sans difficultés pourquoi ce film a fait partie de la sélection officielle du 61e Festival de Cannes: ce film montre le problème fréquent que peuvent rencontrer les militaires après avoir affronter une guerre: l’oubli, l’impression que des parties de vie ont été effacées.
Ce que Freud appelait volontiers le refoulement, soit les souvenirs enfouis dans l’inconscient car trop dérangeants pour la conscience.
Justement, Ari Folman confie: “Les quatre années pendant lesquelles j’ai travaillé sur Valse avec Bachir ont provoqué en moi un violent bouleversement psychologique. J’ai découvert des choses très dures dans mon passé”.
J’ai beaucoup aimé ce film pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour une raison esthétique: après avoir été tourné en vidéo et monté comme un véritable film, Ari Folman a eu l’idée de le passer en film d’animation. Les images sont très belles, très parlantes.
De plus, “Valse avec Bachir” se situe entre la fiction et le documentaire car le personnage principal représente le réalisateur lui-même et les intervenants tout comme les témoignages sont authentiques.
Par ailleurs, je trouve ce film courageux, d’autant plus de la part d’un israélien. Assumer ses actes, les regarder droit devant …. même quand la culpabilité est là.
La dernière partie du film consacrée aux massacres du camp de réfugiés palestiniens au Liban, de Sabra et Chatila est d’autant plus forte. Ce massacre est le plus enfoui dans son inconscient et celui qui obsède le plus le personnage principal.
C’est là que la culpabilité grandit, car même si ces massacres ont été le fait des Phalangistes, il est clairement dit qu’Ariel Sharon a une grande part de responsabilité dans ce massacre.
Cette culpabilité, ces regrets, cette tristesse est à son apogée à la toute fin du docu-fiction, lorsque les dessins font place à des images d’archives: des femmes, survivantes à ce massacre, découvrent les décombres de leur campement, des enfants et des hommes morts…
Leurs cris, leurs larmes, leur désarroi.
Et moi, en pleurs.
ITW: ASH-LESS – PHOTOGRAPHE – http://www.ash-less.com/
Quand j’ai rencontré Ash-Less pour la première fois, j’étais… comment dire… impressionnée.
Je l’avais eu par mail, puis surtout au téléphone. Il était d’un caaaaalme et d’une douceur que peu de personnes ont.
Et je le vois arriver. Grand. Que dis-je? Immense! Un grand black qui pourrait vraiment t’impressionner et qui – en l’espace d’une demie-seconde – brise cette image à laquelle beaucoup pourraient l’associer, rien qu’en ouvrant sa bouche.
J’ai décidé de le choisir en premier interviewé pour mon nouveau blog, car c’est non seulement quelqu’un que j’apprécie en tant que personne mais aussi en tant qu’artiste… Parce qu’Ash-Less est un photographe atypique, ambitieux, bourré de talent, (trop?) humble… et avec un franc-parler et une spontanéité qui ne font que rehausser l’estime que j’ai pour lui.
Quel est ton domaine de prédilection dans la photographie ?
En fait, je n’ai pas vraiment de domaine de prédilection en photographie. Cependant, plus le temps passe, et plus j’adhère au nu car c’est un style super difficile… et j’aime les challenges.
Savoir mettre la modèle à l’aise peut s’avérer etre un sport avec ma tête de rat lol
Sinon j’y adhère grave dans la mesure où on reste dans un bon état d’esprit , tout en restant professionnel. J’évite aussi de faire des compliments, souvent par peur de malentendus; donc le plus souvent je me tais et ne sors que des bêtises.
Choisis une photo que tu as réalisée et dont tu es fier.. Dis moi pourquoi.
Le dernier photo-montage que j’ai réalisé avec toi et les “hommies”, pour l’instant car je suis un insatisfait maladif lol.
Pourquoi celle la? Parce que j’ai toujours voulu faire de la photo pour ce genre d’images. Si, si, depuis longtemps.
Le problème c’est qu’il faut aussi montrer qu’on peut faire des choses posées, douces, et softs comme certaines photos de mode, sinon dans la photos on catalogue et formate trop vite les gens. Quand ce n’est pas nous qui nous formatons nous-mêmes.
Bref quand la photo parle, mon esprit se libère.
Comment se passent en général tes shootings (de la prise de contact, de l’organisation des shooting, jusqu’au shoot en lui même, la post-prod, etc)?
Mes shootings se passent en général assez simplement: On me contacte via mail,avec un délai de réponse de ma part assez long… Vu l’affluence c’est dur de répondre rapidement!
Concillier travail, photos et private life, wouaaaa je ne savait pas que c’etait aussi hard! Mais je ne vais pas m’en plaindre…
Sinon, on voit avec le modèle si on a vraiment besoin de make up, de préférence au téléphone, car les mails me gavent énormément. On choisit un lieu… c’est d’ailleurs souvent ce qui me fait trainer pour une séance car ça me prend la tête de ne rien trouver faute de temps, pour roder et trouver des spots, ou faute de filons fiables lol… Moi et le studio, à vrai dire, on est carrément pas potes et reshooter là où un autre est passé me laisse un arrière-goût désagréable.
En nu, ça a du m’arriver deux fois d’avoir une maquilleuse; en général les filles se maquillent seules.
De ce point de vue, le nu est moins prise de tête que la mode, dus aux différents détails qui peuvent jouer en ta défaveur (robe mal mise ou mauvais pli, make up qui part en live… ou la coiffure) mais c’est marrant, chaque style a ses contraintes.
Ensuite, pendant le shooting, je montre toujours les differents angles que je prends ou le style que je vais donner.
Enfin, en post prod, mon défaut est que je ne sors jamais ou rarement deux photos pareilles car j’ai l’impression de faire du travail à la chaine: du coup, mon travail manque réellement d’homogénéité.
Ce que je ne vais pas tarder à corriger… car ça peut etre pris comme une faiblesse et c’est vrai que ca crée un mauvais équilibre. D’ailleurs mes prochains shootings seront moins folklore à ce niveau.
As tu un mentor/ un modèle dans le domaine photographique?
Comme mentor, il y a Isshogai (http://www.isshophoto.com) que je respecte énormément et bien d’autres aussi…
Mais si j’avais un modèle en matière de photographe, il aurait un drôle de corps et une drôle de tete car il faudrait mélanger du Isshogai, Terry Richardson, Newton (pour sa classe) et j’en passe beaucoup…
En photo, je suis un vrai batard: je n’ai pas de style ni un rendu unique; ma signature photographique, je la cherche encore… parfois dark et parfois carrément pas. J’aime les deux.
Même en terme de rendu, j’aime autant l’aspect de la photo à la chambre et celle plus synthétique qu’on peut avoir en numérique.
Y a-t-il un rêve que tu aimerais réaliser?
Oui, monter une agence de photos d’un autre genre (loto et facteur chance) lol.
Et, je n’ai pas le talent de certains photographes car de très grosses photos sont réalisées et des fois, j’avoue pleurer devant
.
Mon rêve? devenir un artiste et avoir de vraies vacances (private joke)
Honnêtement, j’aimerais pouvoir vivre de ma passion, en étant un vrai créatif et non pas bosser en tant qu’exécuteur… mais je ne me fais pas d’illusion non plus: “there’s a lot of people” lol !!!
J’aime beaucoup ta galerie “Libido Sentiendi”. Est ce que réaliser des photos montages de ce genre t’aide à exprimer des fantasmes inavoués?
Oui, on peut le voir comme ca mais par tous ou presque.
Dans le cas de la fenêtre avec une personne que je connais bien derriere, on aurait pas de mal à deviner le voyeurisme, ce petit clin d’oeil coquin, elle prend cette photo pour qui pourquoi quoi ???? Tellement de réponses…
Autant que celle qui a la télé a la place de la tete: juste une representation de ce qu’on voit facilement sur un écran tv..
Mais, il est vrai que derriere chaque photo, il y a une phrase que je ne dis pas !!! Sans prétention, j’exprime des délires perso (je crois que je vais suivre une thérapie ?!), des images qui peuvent s’avérer flippantes, pour certains, mais jamais plus que la vie elle-même…
J’essaie de montrer notre petite case de (folie) humaine, nos délires, nos trips etc , alors certains seront mes fantasmes inavoués et certains seront les votres mdr, on peut le voir comme ca…
— Pardon d’avance aux puritains, mais je n’ai rien inventé en la matière —
As- tu un projet qui te tient à coeur?
Oui, un réel projet qui me tient à coeur mais ça reste personnel, désolé. J’espère juste que d’ici là j’aurai compris plein de choses de façon à ne pas me planter, car si ce n’est que pour etre un clone alors je prefere m’eteindre c’est clair… a lot of job to do …..
Bon allez à moi tu m’le dis ton vrai prénommmmm?
Mon vrai nom tu le sauras un jour
Bon alors si tu veux pas, tu m’expliques pourquoi tu as choisi Ash-Less en pseudo?
Parce qu’au début, c’etait ( H OME LESS, ) pour ceux qui savent traduire… une période de ma vie, c’est tout… Puis, il fallait dissocier et que ça ressemble à un vrai nom, donc je me suis cicatrisé Ash-Less en évitant la lettre “h” seule, pour justement éviter la trop rapide comparaison avec le cannabis…
Retrouvez les travaux d’Ash-Less sur: http://www.ash-less.com/
Hancock ****
Même si Hancock est sorti dans les salles depuis maintenant un mois, je ne peux m’empêcher de publier un article à son honneur.
Hancock était un succès annoncé: tandem de super-acteurs “en super-héros”, composé par Will Smith et Charlize Theron.
Véritable blockbuster américain, Hancock est sans aucun doute LE film du mois de juillet. Après “I am a Legend”, Will Smith enchaine avec un deuxième film à effets spéciaux… avec le rire en prime.
C’est la première fois que l’on imagine un black en super-héros et Peter Berg a levé ce pari avec Will Smith, en le transformant en un anti-héros alcoolo, détesté tant par la population que par les médias et les forces de l’ordre.
“Hancock” aurait pu être un film estival comique bateau qui se laisse regarder… Néanmoins, la deuxième partie du film est d’autant plus étonnante et détonante, avec encore plus d’effets spéciaux et une note mysthico-romantique.
Charlize Theron est sublime… même sans make up.
Will Smith est beau (ça, tout le monde le sait) et touchant… Il ne fait que confirmer film après film son talent et sa capacité à nous émouvoir notamment depuis le film de Gabriele Muccino, “A la recherche du bonheur” , où il partage l’affiche avec son propre fils ( 2006).
Et dire que j’en étais folle, adolescente, quand il cartonnait sur nos petits écrans avec “le Prince de Bel Air”
N.B: Pour les fans de Will Smith, un dossier lui était consacré sur le magazine daté Juin 2008… on y découvre d’ailleurs en “dernière minute” que Will Smith vient d’acquérir les droits américains du remake de “Bienvenue chez les Ch’tis”.Le film s’appelera ” Welcome to the Sticks”..!
Le premier jour du reste de ta vie ***
“Le premier jour du reste de ta vie” est le genre de films français auquel j’adhère complètement.
Certes ce film n’a rien de comparable avec les films cultes de Bacri et Jaoui, mais ils ont en commun cette ambiance à la fois morose et humoristique. Dans “Le premier jour du reste de ta vie”, on pleure, puis on rit… On rit même parfois devant l’aspect pathétique de certaines choses. Je pense particulièrement au tout début du film où Zabou réplique, lors du premier dîner sans son fils ainé qui a décidé de quitter le cocon familial: “Vous riez alors que notre famille se désagrège?” (à quelques mots près). Ca m’a fait penser à toutes ces mamans qui ne comprennent pas de suite que quand on quitte le domicile familial, ce n’est pas parce qu’on aime moins ses parents, mais justement pour mieux les aimer.
Ce film est un hommage à la famille, à la vie, à ces liens qui se font et se défont… Ce film montre 5 personnages très différents: le père, la mère, et les trois enfants:
La petite dernière – jouée par Déborah François – qui traversera une adolescence tumultueuse et des amours douloureuses… Personnage auquel il est facile de s’identifier.
Le rêveur solitaire interprété par le très charmant Marc-André Grondin (révélé par le chef d’oeuvre québécois, “CRAZY”). Durant tout le film, on ne le verra pas avec une fille… sauf dans une amour des plus platoniques!
Une mère perdue devant sa fille qui grandit et qui a peur de vieillir, interprétée superbement par Zabou Breitman.
Un père face à la maladie…
Un grand père sarcastique (mais hilarant, il faut le dire!)
Un mariage, un enterrement, la tristesse de perdre quelqu’un, le sentiment d’avoir fait tout de travers depuis le début…
Autant d’événements et de sentiments que chacun de nous peut rencontrer et ressentir… Et c’est en ça que “Le premier jour du reste de ta vie” est un film fort. Des émotions exprimées dans la pudeur, et sans tomber dans le pathos. Bravo Rémy Besançon! Et bravo à tous les comédiens !
Petit +: La fin conditionne souvent notre avis sur un film et j’ai beaucoup aimé la chute de ce film: La frimousse heureuse de Déborah François, le sentiment que “la vie continue”… sur un air d’Etienne Daho.
Coup de coeur personnel: Marc-André Grondin.
Depuis que je l’ai découvert dans “CRAZY” (que j’ai vu 6 ou 7 fois), je suis tombé sous son charme. Ce jeune homme de 24 ans confirme son talent dans le film de Rémi Besançon… On pourra également le retrouver dans “Le bouquet final”, une comédie française de Michel Delgado, aux côtés de Didier Bourdon (source: Allociné).
Welcome!
Tout d’abord je m’auto-souhaite une bienvenue sur WordPress… C’est important, on est jamais aussi bien servi que par soi-même, n’est ce pas?
Et puis, je vous souhaite la bienvenue à vous sur mon blog naissant, que j’ai choisi d’intituler PinkShot.
Passionnée par le monde de l’image, ce blog a pour ambition d’évoquer le milieu du cinéma, et de la photographie… de l’art en général. A travers les expos que j’aurais parcourues, les films que j’aurais découverts, les artistes (plus ou moins connus) que j’aurais rencontrés, les photos que j’aime regarder, …
A très vite!
A.








